Le web 2.0 en entreprise et ses barrières : publier, échanger, partager
Là où les applications 2.0 explosent sur internet, les modèles de portail participatif commencent à s’immiscer dans la vie de l’entreprise. Certaines entreprises innovantes se décident à installer des plate-formes de blogs, des wikis. On assiste à une mutation de la communication au sein même de l’entreprise, et pourtant, ce n’est pas sans compter sur certaines barrières.
Quelques barrières qui requièrent du temps et de l’engagement
Il est de mise que les usages technologiques en entreprise ne sont pas toujours en avance par rapport au web grand public : des systèmes de gestion de contenu parfois lourds et coûteux, des portails intranets un peu dépassés, des outils qui n’ont pas été renouvelés partout depuis des années.
Aujourd’hui, une simple plate-forme LAMP permet à bas coût de créer un portail collaboratif, avec des outils opensource et des librairies ouvertes (script aculo.us par exemple). Cette migration requiert toutefois la connaissance des technologies de ses outils, l’aval de la sécurité pour les grandes entreprises, l’aval de ses dirigeants, et une certaine réactivité (là où un projet peut prendre 6 mois à 1 an pour être mené à bien, une toute nouvelle fonctionnalité pourrait être injectée rapidement à la dernière minute même si elle n’est pas intégrée dans le cahier des charges, si elle se justifie totalement dans la nature de l’application développée. Voir une anecdote très intéressante sur Agoravox)
L’une des premières barrières récurrentes dans l’entreprise est la bien trop souvent compétition permanente entre les services : dès lors, l’échange d’informations n’en devient que plus difficile. Echanger ses informations voudrait dire amener ses voisins au même niveau que soi et perdre son avance. Lorsque des pôles se retrouvent en compétition, ce sont parfois des cas isolés qui lancent des projets innovants, de manière transversale sur les secteurs qui se font une concurrence sérieuse. Ils y retrouvent un intérêt plus grand que de conserver leurs informations dans un coffre-fort.

Il reste la timidité des acteurs potentiels à participer et à échanger. Les plus technophiles vont s’approprier les outils mis à leur disposition : non content d’avoir un blog corporate, ils ont bien souvent un blog sur internet pour traiter de sujets plus personnels et plus librement. Les autres (sans rappeller une certaine fracture numérique) mettront plus de temps à s’adonner à une vraie activité de blogging (en partant du principe qu’ils iront déjà lire le contenu existant, certains risquent d’avoir l’url de l’application et de ne jamais y aller une seule fois). Cela demande un minimum d’engagement.
Publier, Partager, échanger, discuter
L’une des composantes dites du web 2.0 est la possibilité d’échanger et de partager ses informations pour les enrichir et les confronter au sein d’une interaction avec les autres utilisateurs. Les portails d’entreprise première génération se sont arrêtés à la première étape : publier. Il n’y a pas de retour utilisateur. Seul l’administrateur de son portail communique.
L’objectif d’une application 2.0 en entreprise n’est-elle pas de mettre en valeur ce que peut apporter chaque employé ? Cette mise en avant de l’individualité de chacun ne peut qu’entrainer une dynamique au sein même de l’entreprise qui crée de l’engagement et un tissu social au sein même d’une entreprise. Cette mise au devant de la scène d’acteurs à tous les niveaux de la hiérarchie créent une communauté qui reflète l’image que les employés ont de leur entreprise. De plus, chacun des acteurs se sent moins isolé dans son secteur et a une vue plus globale des différentes activités de l’entreprise dans laquelle il travaille.
De plus en plus d’entreprises se lancent dans l’aventure d’installer, des blogs, wikis et autres outils communautaires. Ces outils ont pu acquérir leur lettre de noblesse ces dernières années. L’apport ? Des échanges avec des mêmes personnes d’un même service, et des échanges transversaux par pôles d’activité. Les utilisateurs d’un blog ou d’un wiki sont rassemblés par un même intérêt et non par un même service. Cela permet de résorber des fossés de communication dans l’entreprise et facilite l’échange et les retours d’expérience.
Et puis aller vers l’entreprise 2.0, c’est anticiper.

Quels pourraient être les premiers apports directs pour l’entreprise d’applications 2.0 ? On peut imaginer en vrac un impact dans les applications de bureautique, la capitalisation des informations de veille stratégique et documentaire, l’optimisation de l’organisation en entreprise et la gestion de projets/relations :
- Un peu d’Ajax pour faciliter l’ergonomie utilisateur lorsque des formulaires parfois longs et complexes découragent bien souvent les gens. ( formulaires, glisser déposer, moteur de recherche de type google suggest, menu contextuel…)
- Des flux RSS pour tenir informés les employés d’événements : l’apport du flux RSS personnalisable est un petit plus qui permettrait de recentrer l’information sur les intérêts de chacun et sur son activité, et ce, sur tous les supports.
- Un wiki pour la documentation sur l’entreprise : quel service appeller pour atteindre telle entité, qui est l’interlocuteur pour faire telle chose, quelle est cette abréviation propre à tel domaine d’activité… Wikipédia a prouvé depuis longtemps sa capacité à gérer une connaissance encyclopédique, alors son intégration au sein d’une entreprise de grande taille se justifie pleinement aujourd’hui. (couplé avec un Yahoo Answers like, cela peut donner des choses intéressantes)
Echanger des références de bookmark ou des adresses de prestataires, avoir un réseau social de contacts, un échange d’expériences utilisateurs, un support technique… tous ces services peuvent être regroupés au travers d’un MashUp pertinent : une seule plate-forme autour d’un seul compte utilisateur, celui de l’employé.
Sur internet, nous avons bien un 6nergies ou un Viaduc, plutôt que de passer par des outils lourds et peu mobiles, pourquoi cela ne marcherait-il pas en entreprise ?
Implémenter des technologies en fonction d’un objectif
Attention à la surenchère de technologie ! C’est l’un des pièges avec l’arrivée de nouvelles technologies et de nouveaux usages qui marchent très fort. Restons guidés par un besoin et un objectif constant.
Identifier les acteurs et les sonder. Cela nécessite de bien comprendre dans quel environnement chaque acteur évolue et quels besoins au quotidien peuvent être satisfaits, complétés, et rejoindre d’autres.
Quelle valeur ajoutée pourrait-on apporter à un outil déjà existant ? Quels sont les objectifs réels de cette application : communiquer, partager, informer, relier des personnes entre elles, organiser, simplifier une tâche ?Quelle technologie peut apporter ce que l’on cherche et qui est capable de la maitriser ? Des compétences spécialisées sont requises pour la création de certaines applications. Ne pas demander de réinventer la roue à des gens qui n’ont pas d’expertise dans un domaine bien précis. (Des applications en Ajax ou Flex par exemple requièrent un certain niveau et une prise en main qu’il faut pouvoir trouver.)
Des offres pour entreprises
Quelques offres actuellement se tournent vers le marché du 2.0 pour entreprises. Je suis bien conscient que je manque là de cas plus nombreux. A défaut de proposer une liste exhaustive, voici quelques exemples :
- BlueKiwi : plateforme de blog (voir aussi l’article sur JDN), sur laquelle un gros travail des besoins d’une activité de blogging d’entreprise a été fait.
- Cité sur le blog de Ru3, Webzinemaker permet de générer des blogs avec une plateforme de publication.
- IUpload : plateforme de création de contenu : blogs, wiki etc…
A lire pour aller plus loin :
- A web 2.0 Tour for the Entreprise
- Entreprise 2.0 et blogs : mythes et réalité
- strategieweb20.com
- ru3
- web2.sys
- les meilleurs pratiques de l’intranet
Ce petit post pour faire le point de ce que j’avais un peu dans la tête, il est certain que le sujet n’est pas traité dans son ensemble, et n’a pas eu une ambition d’exhaustivité !


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Quelques précisions sur blueKiwi, cité dans cet article :
- blueKiwi n’est pas une solution de groupeReflect, mais de blueKiwi software société éponyme chargée de son développement et de sa commercialisation. groupeReflect a incubé ce projet et réalisé les premiers prototypes clients.
- blueKiwi n’a jamais été construit sur drupal
Voilà, à part ça l’article est trés bien. Nous sommes effectivement au coeur de cette problématique chez blueKiwi. Nous importons dans les entreprises ce qui dait le succès de l’internet 2.0. Nous sommes en effet convaincu que le changement sociétal que nous vivos actuellement aura un impact sur la vie des entreprises, celles-ci auront donc besoins de se doter d’outils pour stimuler, accompagner et organiser ses usages. Nous sommes dans un échange gagnant-gagnant ce qui est trés nouveau pour beaucoup d’entreprise.
Désolé, je viens de corriger la note sur BlueKiwi, je ne sais pas où j’ai vu qu’il était basé sur Drupal mais j’ai certainement écouté/lu de travers (et cette histoire de Reflect aussi d’ailleurs…)
En tout cas, l’outil est vraiment intéressant, ergonomique et bien pensé de surcroît !
Bonjour,
Très intéressant cet article, je me promets de l’approfondir dès que possible.
Cordialement,
Jean-Marie
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