L’avènement de la 3D sur le web avec plugin, pour maintenant ?
Longtemps les applications 3D à base de plugins ont rebuté à la fois les internautes et les responsables de sites internet. La question fatale « c’est un plugin, les utilisateurs ne l’installeront pas » coupait court à bon nombre de conversations. J’ai eu parfois des difficultés à obtenir des réponses à cette question. Pourtant, les choses ne sont-elles pas en train de changer ?

La bande passante et le parc des machines
En terme de poids, considérons la 3D comme un média lourd, comme de la vidéo. La bande passante a sensiblement augmenté, et si l’on pense au Deuxième Monde à partir duquel beaucoup se connectaient en 56K, les ADSL sont largement répandues, même s’il reste des univers comme Second Life, dont la gestion des textures reste à parfaire. (5minutes de chargement à plein débit pour charger parfois des cartes complètes). Le parc global des machines permet à l’heure actuelle de calculer des graphismes plus lourds qu’auparavant jusqu’à approcher des rendus de jeux vidéos de console. Point intéressant, des outils comme le célèbre Shockwave s’adaptent aussi à la configuration de la machine et dégradent automatiquement le rendu sur les plus petites configurations.
Les navigateurs sont plus sécurisés
Période noire de l’histoire d’internet, chacun se souvient d’une époque où pour chaque application téléchargée en freeware sur internet, l’internaute voyait en prime une multitude de spywares et de toolbars à n’en plus finir. Que ce soit du côté de firefox ou d’IE, cette gestion des modules complémentaires est devenue beaucoup plus stricte : certificat, contrôle avertissant l’utilisateur, possibilité de désactiver un module au besoin. Cette ouverture du module complémentaire dans Firefox a charmé bon nombre d’utilisateurs (des modules comme del.icio.us, ou webdevelopper sont vraiment utiles…)
Les plugins 3D font des efforts à l’installation
Outre les questions de stabilité et de compatibilité tous navigateurs et plateformes, la facilité d’installation rassure l’utilisateur. Installation sans reboot du navigateur, plugin léger à télécharger, une démarche simple comme celle que pratiquent des Unity ou Virtools améliore grandement l’image de marque de ces players 3D.
Des expérimentations du bureau au navigateur
Beaucoup ont considéré que le navigateur était une montagne qu’il était dangereux de gravir. Les applications 3D se sont développées sur le bureau (ajoutons à cela la facilité de développement) pour prouver que le système pouvait fonctionner. Fort de cette expérience, les agences pourraient fort bien porter les applications sur le web. Cela devient tout aussi facile aujourd’hui.

Le public s’est diversifié
Madame Michu n’installera pas forcément le plugin en question. Toutefois, des publics plus jeunes (Generation Y is coming), plus joueurs, plus féru d’une expérience nouvelle sur internet sont tout à fait disposés à faire un effort. Pourvu que le jeu en valle la chandelle. Qui n’a pas essayé d’installer Piclens pour sa beauté esthétique de présentation ?
La 3D se démocratise et trouve ses marques
Je n’aime pas cette appellation car elle englobe un usage innovant de la 3D et les vieux exemples qui attendent depuis des lustres leur heure arriver. Toutefois, le constat est là : des GPS à la vidéo sur internet (flash ou motion design), aux jeux vidéos, au cinéma, le public - le ‘grand’ public - commence à être habitué à voir en permanence de la 3D. Sur le web, il existe ci-et-là de très bon exemples de 3D en temps réel qui émergent même s’ils étaient jusque là trop peu nombreux et souvent à l’initiative des éditeurs de plugins 3D eux-même. On parle beaucoup de 3D sur le web, mais pourquoi faire ? La 3D trouve petit à petit ses repères dans les réseaux sociaux en 3D, les objets à manipuler et les advergames, sans parler de la visite virtuelle. Question d’habitude pour l’internetus vulgaris et d’un usage judicieux de la technologie côté annonceur.
Un passage en douceur à la 3D
La question « comment vais-je remplacer mon site entièrement en 3D ? » est une erreur grave à mon sens. Les questions sont plutôt : comment puis-je apporter un service/une expérience supplémentaire à mon visiteur ? Des sites comme Nokia ont commencé doucement à rajouter à côté des 4 vignettes photos de leur téléphone une visualisation 3D de l’objet, puis dernièrement, à ne proposer plus que la version 3D au vu des résultats. C’est un ajout progressif d’une nouvelle fonctionnalité/service qui ne doit pas tout chambouler. Autre cas : l’utilisation d’un module qui offre un service à valeur ajoutée récurrent est quelque chose de tout à fait valable, la fréquence justifie son installation.
Un besoin pour les marques de s’exprimer
Je pense à la 3D dans flash aussi bien aux advergames complexes proche d’un jeu vidéo. Les marques ont besoin d’aller toujours plus loin dans leurs opérations et campagnes marketing. Beaucoup font le pas de se lancer dans des advergames, et comme je le soulignais dans un autre billet, cela pourrait être l’un des moyens de démocratiser l’usage des ces plugins. Et les internautes sont joueurs, c’est bien connu.

L’explosion des réseaux sociaux et des mondes virtuels
De Google Lively, à Vivaty, scenecaster, et j’en passe des dizaines… des services de mise en relation sociale avec un avatar apparaissent chaque semaine. Avec un plugin 3D dans le navigateur. La question de savoir s’ils ont installé le plugin se voit aux nombres d’utilisateurs.
Voilà les quelques éléments de réponse que je voulais apporter. Toute la question est de savoir si cela suffit à démocratiser plus facilement qu’avant le plugin 3D dans le navigateur…
3 Comments so far
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Oui je crois aussi que la 3D va tranquillement montrer le bout de son nez.
- Si les années 2003-2007 Flash a permis d’intégrer la vidéo au contennu d’une page Web,
- on ne sait pas encore aujourd’hui par quel plateforme la 3D va arriver : Flash, java, autre ?, plugin specifique 3D, ???
Et quid du “killer contenu” . Des pubs, des jeux, autres ?
De belles soirée de reflexions sont à venir …
Thierry
Je crois qu’au sein des interfaces riches, la 3D a des défis à relever en terme d’ergonomie. Avec flash 10, on peut espérer que son affichage soit moins lourd. Le défi des plugins 3D sera certainement l’évolution d’usage et l’apport réel proposé aux internautes en terme de navigation.
Pour l’instant, le killer contenu semble être l’advergame et le réseau social en 3D. A voir pour le second si cela marche vraiment, même si je reste dubitatif, je ne me demande qu’à être convaincu dans les chiffres…