Des interfaces, des hommes… et des artistes

J’espère que ce n’est pas le titre d’un bouquin, je vais avoir des ennuis sinon. Bref.

En tombant par hasard sur mon vieux mémoire de maitrise poussiéreux, je retombe sur plein de travaux d’artistes, et en particulier sur une installation très connue que j’avais laissée dans un coin de mon cerveau : Jeffrey Shaw, The Golden Calf, en… 1994. Dire que j’ai eu la chance de pouvoir l’expérimenter… du bonheur!

Bref, vous l’aurez compris, il y a des concepts qui ne changent pas (mais la technologie, si). Et si vous ne connaissez pas l’artiste, il a un site internet dédié. Ses premières créations numériques remontent quand même à 1966.

En parlant d’interface, petite citation de David Rokeby à propos de son Very Nervous System, qui réagissait avec le son, en 1986 :

« Dans mon isolement, plutôt que de développer une interface qui comprendrait mes mouvements, j’avais évolué avec l’interface, développant moi-même un moyen de me mouvoir qu’elle comprendrait pendant que je la programmais. »

Difficile est la relation IHM… et oui, cela ne remonte pas qu’à des interfaces issues de films au cinéma, mais parfois à des artistes qui ont exploré les différentes relations humaines avec la machine depuis des années. Et souvent, avant tout le monde…

Au fait, un nom que je vois rarement cité lorsque l’on parle de l’interface de Minority Report : John Underkoffler. Travaillant à l’origine au MIT, il est à l’origine des derniers travaux en la matière d’interfaces gestuelles comme celle créé chez Oblong où il travaille désormais. Au passage, une interview chez Zdnet.

Je peux citer également le travail de James Pattern qui a créé son studio d’interfaces tactiles ou de Rekimoto en 1997, également, et qui cherchait déjà en 1996 à adapter l’interface avec des supports plus petits. (plus dur à trouver celui-là). Maurice Benayoun avec son Hypercube, ou l’ensemble de ses travaux à base de réalité augmentée ou utilisant des systèmes CAVE. Si ma mémoire est bonne, il a souligné l’épineuse question de savoir qui est le créateur entre l’artiste qui a l’idée de son installation ou le programmeur qui a créé le code permettant de concrétiser l’idée.

Le problème, c’est qu’il y aurait des dizaines de personnes à citer, des centaines de travaux à relever. Cruel dilemme que de faire des choix… Bon, alors, pourquoi je parle de telles références ? Il est toujours bon de savoir ce qui a été fait avant. Et moi, ca me fait plaisir…
;)

Au passage – oldies
La métaphore de l’interface qui me plait le plus
xerox
Du Xerox Alto en 1973 au Parc, sa version plus évoluée, en 1981, rien n’a changé. La métaphore du bureau est toujours là : bureau, fenêtres, corbeille, dossier, boite aux lettres… et persiste, faute de mieux sur notre bon vieux PC (le support mobile est autre chose), de plus signifiant ou de plus efficace. La métaphore de la réalité dans les interfaces – ou de la physique dans un milieu naturel – est un sujet qui m’amuse beaucoup : menus en carrousel, dépliant, à tiroir ou autre, on les retrouve dans la réalité. Question de sens.

L’interface qui me laissera toujours perplexe, à moins que…
platterssm
Ce n’est pas faute d’avoir essayé, cela fait des années que des systèmes visuels de bureau en 3D par exemple existent : 3DOSX ou tactile3D

Ah petite histoire amusante à propos de l’iconographie, savez-vous la différence entre ces deux icônes ?
icono
Dans un cas, vous prenez l’ascenseur, dans l’autre, vous allez aux toilettes. Et dans son travail de tous les jours, faire des icônes signifiantes, ce n’est pas une mince affaire, mais d’une importance capitale (et ce ne sont pas que des lettres – lettres capitales – oh!).

Suite au prochain épisode…^


5 Commentaires

  1.  a posté le 3 février 2009 à 03:38 -

    Vivement la suite, j’adore ce billet :)

  2.  a posté le 4 février 2009 à 04:50 -

    C’est bien la première fois que je vois une vision intelligente et critique de l’art numérique. Je finissais par désespérer.
    (Je me doutais bien que ça existait mais à part à devenir un spécialiste du domaine je ne voyais pas où la rencontrer).

  3.  a posté le 4 février 2009 à 04:59 -

    En parlant d’iconographie, comme tu le démontre déjà il y a un problème à faire des icônes signifiantes, mais en plus en fonction du pays, de sa culture etc…

    Une même icône n’aura pas la même signification pour la personne, et ceci jusqu’à la couleur, du coup une interface basée uniquement sur de l’iconographie de marcherait pas, sans un long apprentissage de l’utilisateur et le jour ou il (on) lira un mode d’emploi n’est pas arrivé :)

  4. Galdric
     a posté le 4 février 2009 à 04:35 -

    @Geoffrey et @Mael : merci ;) Oh je passe en revue quelques références dans le domaine ‘art numérique’ sans faire vraiment critique en soi. En fait, ce sont surtout des références qui m’ont marqué.

    @Ocelyn : en effet ! J’aurais faire le même jeu avec la langue, et c’est tout aussi amusant ;) Les voyages sont très intéressants pour cela, on rencontre des panneaux qu’Européens, on est incapable de comprendre à moins de bien réfléchir deux minutes…

  5. Gilles
     a posté le 5 février 2009 à 05:51 -

    Ouaip, ben une chose est sure, je ne compte plus le nombre de fois ou je me suis retrouvé face a une porte d’ascenseur alors que je cherchais desespérément des toilettes !