Repenser des vieux systèmes visuels de représentation

L’une des choses que j’abhorre le plus en réponse à la question « Pourquoi on ne ferait pas différemment le même truc qui n’a pas changé depuis des lustres ? » est bien le « Pourquoi changer ? On a toujours fait comme ça ».

Lorsque l’on cherche au minimum à communiquer au mieux vers ses cibles, c’est également remettre en cause aussi des formats, la présentation de données, ou des projets que l’on réitère à chaque année et que l’on croit immuables. Car la remise en cause sur internet est permanente, même lorsqu’il s’agit de « marronniers ».

Exemple le plus parlant est le rapport annuel, la chose la plus ennuyeuse qu’il puisse exister en ce bas monde. Et pourtant : Danone et la BNL en Italie décrochent la palme en trouvant là un nouveau moyen de mettre en valeur leur contenu là où l’on peut se cantonner à un PDF pour les plus fainéants ou à un pdf « interactif » transformé en flash en livret. Ici, on va juste un peu plus loin, et cela suffit pour attirer l’internaute :

danone

http://www.danone08.com (merci Damien pour celui là)

bnl

http://bilanciosociale.bnl.it/

Et ce qui est bien, c’est que cela marche pour bon nombre de choses : autre exemple avec un calendrier d’évènements :

lemonde

Le monde qui a choisit par exemple d’afficher des résultats sur une timeline (même si elle manque un peu de lisibilité) et non sur un calendrier classique.

Qu’est-ce qui a poussé ses concepteurs à changer ce mode pour un autre ? Cela aurait très bien pu tourner au listing comme on peut le voir chez unicredit. (encore que leur page ‘events’ soit tout à fait lisible).

Dernier exemple d’un site que j’ai croisé récemment autour des 20 ans de la chute du mur de Berlin avec non seulement une manière bien à lui de présenter l’information cartographiée, mais aussi de repenser des timelines, des représentations d’évènements :

berl1

berl2

Les modes de visualisation se sont multipliés, des travaux de Paul Kahn à tous les exemples de Infoesthetics au très connu visualcomplexity mais c’est aussi au quotidien que cela se joue : il n’y a rien d’acquis, tout peut être remis en cause, et remis à jour visuellement. J’aime rappeller des sites comme Konigi qui illustre parfaitement l’idée. Cela marche pour toutes sortes de données, ainsi que les pages « a propos » de blogs ou même les 404…
Dans quel but ?
Comprendre mieux, et plus vite. De manière plus évidente. Approcher différemment une idée. Par le texte ou l’image ou même l’animation. Faire la même tâche en 2 fois moins de mouvements (comparez l’interface d’un Lotus à Gmail…), tout cela en repensant des systèmes qui ont toujours marché ou semblé toujours marcher.

Alors, évidemment, ce n’est pas un pamphlet pour le changement, mais juste une idée : au quotidien, ce n’est pas toujours facile, mais si l’on observe bien chacun de ses « meubles », ces parties de nos sites internet qui n’ont pas bougé depuis des lustres, parfois, la refonte de ces pages peuvent non seulement motiver mais aussi trouver des axes d’expression qui rendent le contenu attirant.

Et cela marche même dans la vie réelle : si vous êtes dans Paris par exemple, levez le nez sur le chemin que vous prenez tous les matins et que vous connaissez par coeur. Il y a des immeubles magnifiques…

13 Commentaires

  1. Kodiak
     a posté le 22 octobre 2009 à 22:22 -

    Bonjour, j’ai beaucoup de considération pour votre blog, mais pitié, n’utilisez pas « a minima » à la place de « au minimum ». C’est pire que fonctionnalité (qui est admis dans le milieu de l’informatique) ;)

    Dictionnaire de l’académie Française (8ème édition) :
    empruntée du latin. Elle est employée en termes de Jurisprudence dans cette formule, Appel à minimâ. Appel que le ministère public interjette quand il croit que la peine prononcée par les juges est trop faible.

  2.  a posté le 22 octobre 2009 à 22:34 -

    Ahah ! c’est totalement vrai ! Je suis pris au piège… promis, je le ferais plus et c’est corrigé, merci de la remarque :)

  3.  a posté le 23 octobre 2009 à 23:24 -

    « A minima » signifie « au minimum » en latin, mais l’expression a été récupérée par la jurisprudence. Rien n’empêche, je pense, de l’utiliser en dehors de ce domaine, si l’utilité s’en fait vraiment sentir… Après, il y a le débat : snobisme ?

  4. Kodiak
     a posté le 23 octobre 2009 à 23:13 -

    Je ne suis pas contre l’évolution de la langue française, mais pourquoi la faire évoluer en utilisant une autre langue (ancienne de qui plus est) à la place de mots français qui existent déjà ? Ça pour le coup je pense que c’est du snobisme. D’autant que personne ne dit « a maxima ».
    Et hop, un troll de plus !

  5.  a posté le 23 octobre 2009 à 23:35 -

    Quand je parlais du débat sur le snobisme, je faisais référence à ceux qui emploient « a minima » sans réel justification. En effet, pourquoi ne pas dire simplement « au minimum » ? Contrairement à d’autres expression plus utiles comme « a fortiori »…

  6.  a posté le 23 octobre 2009 à 23:01 -

    Vous me mettez mal à l’aise, je culpabilise :)

    Plus sérieusement, je ne l’utilise jamais, je ne sais pas pourquoi il est ressorti ici…

    Mais c’est vrai que dans le langage, on utilise plus régulièrement des mots compliqués de préférence pour expliquer des choses simples, quitte à en déformer le sens original.

  7.  a posté le 23 octobre 2009 à 23:20 -

    Ne culpabilise pas, ton blog est super ;)

    Et regarde comme on se culture ici !

  8. Kodiak
     a posté le 23 octobre 2009 à 23:45 -

    Pardon pardon, en effet, il ne faut pas culpabiliser, à force de bosser avec des gens qui, par snobisme, utilisent ce genre de néo-antico-logismes, on finit tous par être contaminés :)
    Gardons tout de même une certaine ouverture d’esprit, comme nous l’enseigne d’ailleurs ce billet !

  9.  a posté le 23 octobre 2009 à 23:52 -

    C’est peut être hors sujet, mais l’article est très intéressant ;)

    Pour aller plus loin : http://www.visualcomplexity.com/vc/

    Plein d’exemples sur la visualisation innovante de données avec plein d’idées pour faire passer plutôt bien du contenu indigeste

  10. Nicolas Martelliere
     a posté le 26 octobre 2009 à 26:45 -

    toujours aussi intéressant votre blog !

  11.  a posté le 26 octobre 2009 à 26:53 -

    Bonjour,
    Juste une petite remarque en voyant le très beau rapport annuel DANONE et lisant votre post très juste. Je suis comme vous désespéré du temps nécessaire pour faire avancer les choses. En effet sur l’exemple DANONE un webzine moins complet et régulier avait été proposé et initié il y a de cela quelques années maintenant (4 ans). UN précédent webzine moins complet avait été créé et réalisé à l’époque pour le rapport annuel 2004/2005 http://jerome.daburon.com/outil_com/04_danone_A.jpg (Merci au DA/DC pour ces réfs).
    Cela dit je serai intéressé de savoir qui a réaliser cette dernière version pour DANONE.
    Merci restant à votre écoute et un fidèle lecteur.
    Respectueusement.
    François

  12.  a posté le 26 octobre 2009 à 26:11 -

    @francois : Pour la version d’accueil en flash, c’est l’agence http://www.angie.fr.

    Pour le rapport annuel, le procédé utilisé est Publishbox de mémoire, c’est l’un des systèmes permettant de transformer un PDF en flash interactif. Je n’aime pas trop leur ergonomie mais c’est l’un des sytèmes qui fonctionne bien.

  13.  a posté le 29 octobre 2009 à 29:01 -

    Bonjour,
    Merci pour la réponse et je salut la persévérance des mes amis Angien et je les félicite également pour la qualité du travail réalisé. Mais il leur aura fallut un temps certain pour convaincre le client. En revanche es-tu sur pour le produit Publishbox ou Publishpaper? Je vais tâcher de me renseigné à ce propos auprès des intéressés. Merci.
    Respectueusement.
    François